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Harnais de sécurité : guide complet, normes et usages pour le travail en hauteur

Les chutes de hauteur constituent la première cause d’accidents mortels dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Chaque année, des centaines de travailleurs sont victimes de chutes qui auraient pu être évitées grâce à des équipements de protection adaptés. Dans ce contexte, le harnais de sécurité s’impose comme un dispositif de protection individuelle incontournable pour tous les professionnels intervenant en hauteur.

Au-delà de l’aspect technique, l’utilisation d’un harnais de sécurité engage la responsabilité des employeurs, des responsables HSE et des donneurs d’ordre. Le cadre réglementaire français impose des obligations strictes en matière de prévention des risques, et le choix d’un équipement conforme aux normes européennes n’est pas une option, mais une nécessité légale et éthique.

Ce guide complet vise à éclairer tous les acteurs de la sécurité sur les chantiers : définition et fonctionnement des systèmes antichute, cadre réglementaire applicable, typologie des harnais selon les usages, bonnes pratiques d’utilisation, obligations de contrôle et entretien. L’objectif est de vous fournir les clés pour comprendre, choisir et utiliser ces équipements dans une démarche globale de prévention des chutes.

 

Qu’est-ce qu’un harnais de sécurité et à quoi sert-il ?

 

Définition du harnais de sécurité

 

Le harnais de sécurité est un équipement de protection individuelle (EPI) conçu pour protéger les travailleurs contre les risques de chutes de hauteur. Contrairement aux anciennes ceintures de sécurité, désormais interdites, le harnais moderne entoure le corps par un ensemble de sangles réparties sur les épaules, le torse, le bassin et les cuisses. Cette configuration permet une répartition optimale des forces en cas de chute, préservant ainsi l’intégrité physique de l’utilisateur.

Il est essentiel de distinguer le harnais des autres dispositifs antichute. Alors qu’une ceinture se portait uniquement autour de la taille et présentait des risques de blessures graves en cas de chute, le harnais complet assure une retenue corporelle totale. Il fait partie intégrante d’un système antichute global et ne peut être utilisé seul : il doit toujours être associé à d’autres composants pour garantir une protection effective.

Le harnais de sécurité répond à des normes européennes strictes qui définissent ses caractéristiques techniques, ses points d’ancrage et sa résistance. Ces normes garantissent que l’équipement a été testé pour résister aux forces générées lors d’une chute et protéger efficacement le travailleur.

 

Fonctionnement d’un système antichute

 

Un système antichute complet se compose de quatre éléments indissociables : le harnais lui-même, un point d’ancrage fixe et résistant, une liaison (longe ou antichute à rappel automatique) et un absorbeur d’énergie. Chaque composant joue un rôle spécifique dans la chaîne de sécurité, et l’absence ou la défaillance de l’un d’eux compromet l’ensemble du dispositif.

Lorsqu’une chute se produit, le système entre en action en plusieurs phases. Le harnais retient le corps du travailleur par les sangles, tandis que l’absorbeur d’énergie se déchire progressivement pour réduire la force de choc transmise au corps. Cette dissipation d’énergie est cruciale : sans absorbeur, la décélération brutale pourrait causer des traumatismes internes graves, voire mortels. Le point d’ancrage, quant à lui, doit résister à une charge minimale de 10 kN (environ 1 000 kg) pour garantir la stabilité de l’ensemble.

Le facteur de chute est un concept technique fondamental dans la prévention antichute. Il se calcule en divisant la hauteur de chute par la longueur de la liaison. Plus ce facteur est élevé, plus la force de choc sera importante. Une bonne conception du système antichute vise à maintenir ce facteur en dessous de 1, ce qui implique de positionner le point d’ancrage au-dessus de l’utilisateur et de limiter la longueur de la liaison.

 

Pourquoi le harnais est indispensable sur les chantiers

 

La fonction première du harnais de sécurité est de protéger la vie humaine. Les statistiques démontrent que l’utilisation correcte d’un système antichute réduit drastiquement le risque de décès ou de blessures graves en cas de chute. Dans les secteurs du BTP, de la maintenance industrielle ou encore des travaux en espaces verts, où les interventions en hauteur sont quotidiennes, le harnais devient un équipement aussi indispensable que le casque ou les chaussures de sécurité.

Au-delà de la protection physique, l’utilisation du harnais de sécurité constitue une obligation réglementaire. Le Code du travail impose aux employeurs de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs, particulièrement lors des travaux en hauteur. Le non-respect de cette obligation expose l’employeur à des sanctions pénales en cas d’accident, mais aussi à une responsabilité civile importante.

Enfin, l’utilisation systématique du harnais participe à l’instauration d’une véritable culture de la sécurité sur les chantiers. Lorsque le port du harnais devient automatique et que les équipes sont formées à son utilisation, les comportements à risque diminuent et la vigilance collective s’accroît. Cette dimension préventive va au-delà du simple équipement pour toucher à l’organisation même du travail.

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Cadre réglementaire et normes applicables aux harnais de sécurité

 

Réglementation du travail en hauteur

 

Le Code du travail français encadre strictement les travaux en hauteur à travers plusieurs articles. L’article R4323-58 définit notamment qu’un équipement de travail en hauteur doit être choisi en fonction de sa conformité aux réglementations, des conditions d’utilisation et des risques identifiés. Cette approche impose une réflexion préalable sur les moyens de protection les plus adaptés à chaque situation.

Un principe fondamental structure toute la réglementation : la priorité donnée aux protections collectives. Avant d’envisager l’utilisation d’EPI antichute comme le harnais, l’employeur doit systématiquement privilégier les dispositifs de protection collective tels que les garde-corps, les filets de sécurité ou les plateformes de travail sécurisées. Ce n’est que lorsque ces solutions s’avèrent techniquement impossibles ou insuffisantes que le recours aux équipements de protection individuelle devient légitime.

Cette hiérarchie des mesures de prévention découle du principe général de l’article L4121-2 du Code du travail, qui impose à l’employeur d’évaluer les risques et de mettre en œuvre des mesures de protection adaptées. Le document unique d’évaluation des risques professionnels doit donc identifier précisément les situations nécessitant l’utilisation de harnais de sécurité et justifier l’impossibilité de recourir à des protections collectives.

 

Normes européennes applicables

 

Les harnais de sécurité sont soumis au règlement européen sur les EPI, qui impose des exigences essentielles de santé et de sécurité. Pour être commercialisés et utilisés légalement, ces équipements doivent être conformes aux normes harmonisées qui déclinent ces exigences de manière technique.

La norme EN 361 définit les exigences pour les harnais antichute. Elle spécifie notamment que le harnais doit comporter au minimum un point d’ancrage dorsal situé entre les omoplates, capable de supporter les forces générées lors d’un arrêt de chute. Cette norme impose également des tests de résistance, des exigences dimensionnelles et des obligations de marquage pour garantir la traçabilité et la conformité de l’équipement.

D’autres normes complètent ce cadre selon les usages spécifiques. La norme EN 358 concerne les harnais de maintien au travail et de retenue, utilisés pour maintenir le travailleur en position sans fonction d’arrêt de chute. La norme EN 813 définit les caractéristiques des harnais cuissards, employés principalement dans les travaux sur cordes et les interventions en espaces confinés. Chaque norme répond à des besoins précis et ne doit pas être confondue avec les autres.

Le marquage CE obligatoire atteste que le fabricant a respecté les procédures de certification et que le produit répond aux exigences réglementaires. Sur chaque harnais, doivent figurer le numéro de la norme applicable, l’année de fabrication, le nom du fabricant et les pictogrammes indiquant les usages autorisés. Ces informations permettent aux utilisateurs et aux responsables sécurité de vérifier la conformité et l’adéquation de l’équipement.

 

Responsabilités des employeurs et des utilisateurs

 

La responsabilité de l’employeur en matière de protection antichute est engagée à plusieurs niveaux. Il doit d’abord mettre à disposition des travailleurs des EPI conformes aux normes en vigueur, en quantité suffisante et adaptés aux risques identifiés. Cette obligation implique un choix rigoureux des équipements et une vérification de leur conformité lors de l’achat.

La formation des utilisateurs constitue une obligation légale incontournable. Les travailleurs amenés à utiliser un harnais de sécurité doivent recevoir une formation théorique et pratique leur permettant de comprendre les risques, de maîtriser l’ajustement du harnais, de choisir les points d’ancrage appropriés et de connaître les limites d’utilisation de leur équipement. Cette formation doit être renouvelée régulièrement et adaptée aux évolutions techniques ou réglementaires.

Enfin, l’employeur doit assurer le suivi et la traçabilité des équipements. Chaque harnais doit faire l’objet d’un registre de suivi mentionnant les dates de mise en service, les contrôles effectués et les éventuels incidents. Cette traçabilité permet de garantir que les équipements sont vérifiés régulièrement et retirés du service lorsqu’ils ne répondent plus aux critères de sécurité.

 

Les différents types de harnais de sécurité

 

Harnais antichute

 

Le harnais antichute est conçu spécifiquement pour arrêter la chute d’un travailleur et répartir les forces sur l’ensemble du corps. Son point d’ancrage dorsal, situé entre les omoplates, constitue l’élément central du système. En cas de chute, c’est ce point qui assure la connexion avec la longe ou l’antichute à rappel automatique, permettant une retenue efficace tout en minimisant les risques de blessures.

Certains modèles de harnais antichute intègrent également un point d’ancrage sternal, positionné au niveau du thorax. Cette double possibilité d’ancrage offre une flexibilité appréciable selon les configurations de chantier. Le point sternal peut être utilisé avec des antichutes à rappel automatique ou dans des situations où le travailleur doit progresser sur une ligne de vie horizontale.

La conception des harnais antichute privilégie la sécurité avant tout. Les sangles larges répartissent les forces sur une surface importante, les boucles de réglage permettent un ajustement précis à la morphologie de chaque utilisateur, et les matériaux utilisés garantissent résistance et durabilité. Ces équipements sont soumis à des tests rigoureux avant leur mise sur le marché, incluant des essais de chute avec mannequin pour valider leur efficacité.

 

Harnais de maintien au travail

 

Le harnais de maintien au travail répond à un besoin différent de celui de l’arrêt de chute. Son objectif principal est de stabiliser le travailleur dans sa zone de travail, lui permettant d’avoir les mains libres pour effectuer sa tâche tout en restant en sécurité. Ce type de harnais ne doit jamais être utilisé seul pour l’arrêt de chute, car il n’est pas conçu pour résister aux forces générées lors d’une chute libre.

Les points d’ancrage latéraux, situés au niveau de la ceinture, caractérisent ce type de harnais. Ils permettent de connecter des longes de maintien qui limitent le déplacement du travailleur et l’empêchent d’atteindre les zones à risque de chute. Cette configuration est particulièrement adaptée aux travaux sur pylônes, poteaux ou structures verticales où le travailleur doit maintenir une position stable.

Dans de nombreuses situations professionnelles, notamment sur les chantiers du BTP ou en maintenance industrielle, les travailleurs ont besoin à la fois d’une protection contre les chutes et d’un maintien au travail. C’est pourquoi les harnais polyvalents ont été développés pour combiner ces deux fonctions essentielles.

 

Harnais polyvalents

 

Les harnais polyvalents intègrent les caractéristiques des harnais antichute et des harnais de maintien au travail. Ils comportent un point d’ancrage dorsal pour l’arrêt de chute, des points d’ancrage latéraux pour le maintien, et parfois un point d’ancrage sternal supplémentaire. Cette polyvalence en fait des équipements particulièrement prisés sur les chantiers où les situations de travail varient fréquemment.

L’avantage principal de ces harnais réside dans leur adaptabilité aux environnements complexes. Un couvreur, par exemple, peut utiliser les points latéraux pour se maintenir en position lors de la pose de tuiles, puis se connecter par le point dorsal lorsqu’il progresse sur le toit. Cette flexibilité évite aux entreprises de multiplier les équipements et aux travailleurs de changer de harnais selon les tâches.

Toutefois, la polyvalence ne doit pas se faire au détriment de la sécurité. Les utilisateurs doivent être formés pour comprendre quelle fonction utiliser dans chaque situation et ne jamais confondre maintien au travail et arrêt de chute. L’utilisation appropriée des différents points d’ancrage nécessite une connaissance précise des limites de chaque fonction.

 

Spécificités selon les métiers

 

Dans le secteur du BTP gros œuvre, les harnais doivent résister à des conditions d’utilisation intensives et aux agressions mécaniques. Les modèles robustes avec sangles renforcées et boucles métalliques résistantes sont privilégiés. Les charpentiers et les monteurs de structures métalliques optent souvent pour des harnais légers mais résistants, permettant une grande liberté de mouvement tout en assurant une protection maximale.

Les couvreurs et les zingueurs, qui travaillent sur des toitures inclinées, ont besoin de harnais spécifiquement adaptés aux déplacements sur plans inclinés. Les systèmes antichute à rappel automatique sont particulièrement appropriés pour ces métiers, permettant une liberté de mouvement tout en garantissant un arrêt de chute rapide. La configuration des points d’ancrage et la longueur des longes doivent être adaptées à la pente du toit et à la hauteur de travail.

Dans l’industrie et la maintenance, où les interventions en hauteur concernent souvent des installations techniques, des espaces confinés ou des structures métalliques, les harnais polyvalents avec points d’accroche multiples sont particulièrement adaptés. Les techniciens de maintenance privilégient des équipements légers facilitant les déplacements répétés et les montées d’échelle, tout en offrant une protection complète.

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Comment bien utiliser un harnais de sécurité sur un chantier

 

Ajustement et mise en place

 

L’efficacité d’un harnais de sécurité dépend directement de la qualité de son ajustement. Un harnais mal réglé peut glisser lors d’une chute, occasionner des blessures ou ne pas remplir sa fonction de retenue. Avant toute utilisation, le travailleur doit vérifier que toutes les sangles sont correctement positionnées et ajustées à sa morphologie.

Le réglage commence par les sangles d’épaules, qui doivent être suffisamment serrées pour maintenir le point d’ancrage dorsal entre les omoplates, sans pour autant comprimer les épaules. Les sangles de cuisses nécessitent une attention particulière : trop serrées, elles entravent les mouvements et deviennent inconfortables ; trop lâches, elles risquent de ne pas retenir efficacement le corps en cas de chute. Un ajustement correct permet de passer une main à plat entre la sangle et la cuisse.

La sangle de poitrine, lorsqu’elle existe, doit être positionnée au niveau du sternum et ajustée pour maintenir les sangles d’épaules en place sans gêner la respiration. Le confort d’utilisation n’est pas un détail superflu : un harnais inconfortable sera mal porté ou même retiré par le travailleur, compromettant ainsi sa sécurité. Les fabricants proposent désormais des modèles avec rembourrage et systèmes de ventilation pour améliorer le confort lors des ports prolongés.

 

Connexion au système antichute

 

Le choix du point d’ancrage conditionne l’efficacité du système antichute. Ce point doit être situé au-dessus de l’utilisateur pour limiter la hauteur de chute et réduire le facteur de chute. Il doit également présenter une résistance suffisante, généralement évaluée à 10 kN pour un utilisateur seul. Les points d’ancrage peuvent être permanents, comme des anneaux fixés sur une structure, ou temporaires, installés spécifiquement pour l’intervention.

La longueur de la liaison entre le harnais et le point d’ancrage influence directement la distance de chute et la force de choc. Une longe courte limite la hauteur de chute mais peut restreindre la zone de travail, tandis qu’une longe longue offre plus de liberté mais augmente les risques. L’absorbeur d’énergie intégré à la longe se déploie lors de la chute pour dissiper l’énergie, ce qui ajoute environ un mètre à la distance totale de chute. Cette caractéristique doit être prise en compte pour éviter les collisions avec le sol ou des obstacles.

La compatibilité des composants du système antichute est une condition impérative. Connecteurs, longes, absorbeurs et points d’ancrage doivent être conçus pour fonctionner ensemble. Les connecteurs à verrouillage automatique sont recommandés pour éviter les erreurs de manipulation. Avant chaque connexion, l’utilisateur doit vérifier visuellement que le mousqueton est correctement fermé et verrouillé.

 

Formation et bonnes pratiques

 

La formation à l’utilisation du harnais de sécurité constitue une obligation légale et une nécessité pratique. Cette formation doit aborder les aspects théoriques comme la compréhension des risques de chute, la réglementation applicable et le fonctionnement des systèmes antichute, mais aussi les aspects pratiques avec des exercices de mise en place, d’ajustement et de connexion du harnais.

Certains gestes doivent être absolument évités pour garantir la sécurité. Ne jamais modifier un harnais en coupant ou en ajoutant des sangles, ne jamais utiliser un équipement ayant subi une chute même si aucun dommage visible n’est apparent, ne jamais se connecter à un point d’ancrage dont la résistance n’est pas garantie. Ces règles fondamentales doivent être régulièrement rappelées lors des sensibilisations sécurité.

La sensibilisation des équipes va au-delà de la simple formation initiale. Les responsables sécurité doivent organiser des rappels réguliers, partager les retours d’expérience et encourager le signalement des situations dangereuses. La création d’une culture de la sécurité où chacun veille sur les autres contribue à réduire les comportements à risque et à maintenir un niveau de vigilance élevé sur le long terme.

 

Vérification, entretien et durée de vie des harnais

 

Contrôles avant chaque utilisation

 

Avant toute utilisation, le travailleur doit procéder à une inspection visuelle minutieuse de son harnais. Cette vérification quotidienne permet de détecter les anomalies susceptibles de compromettre la sécurité. L’examen porte sur l’état des sangles, des coutures, des boucles de réglage et des points d’ancrage.

Les sangles doivent être examinées sur toute leur longueur pour détecter les coupures, les déchirures, les effilochages ou les brûlures. Une attention particulière doit être portée aux zones de pliage et aux passages dans les boucles, où l’usure est généralement plus marquée. Les coutures ne doivent présenter aucun fil cassé ni déchirure. Les boucles métalliques doivent être exemptes de déformation, de corrosion ou de fissure.

Les signes d’un choc précédent, même en l’absence de dommage visible, justifient le retrait immédiat du harnais. Après avoir arrêté une chute, un harnais doit systématiquement être mis au rebut, car les structures internes peuvent avoir été endommagées sans que cela soit visible extérieurement. Cette règle absolue garantit que seuls des équipements en parfait état sont utilisés.

 

Vérifications périodiques obligatoires

 

Au-delà des contrôles quotidiens effectués par les utilisateurs, la réglementation impose des vérifications périodiques par une personne compétente. Ces contrôles approfondis, généralement réalisés tous les 12 mois, examinent en détail l’état du harnais et valident sa conformité aux exigences de sécurité.

La personne compétente peut être un salarié de l’entreprise formé spécifiquement à cette tâche ou un organisme externe spécialisé. Elle doit posséder les connaissances techniques nécessaires pour identifier les défauts, interpréter les notices des fabricants et décider du maintien en service ou de la réforme de l’équipement. Son intervention donne lieu à la rédaction d’un compte rendu consigné dans le registre de sécurité.

La traçabilité constitue un élément essentiel de la gestion des EPI antichute. Chaque harnais doit être identifié individuellement et faire l’objet d’un suivi documenté mentionnant la date de première mise en service, les contrôles périodiques effectués, les réparations éventuelles et les incidents survenus. Cette documentation permet de démontrer la conformité de l’entreprise aux obligations réglementaires et facilite la gestion du parc d’équipements.

 

Stockage et entretien

 

Les conditions de stockage influencent directement la durée de vie et les performances du harnais. L’équipement doit être conservé dans un endroit sec, à l’abri de la lumière directe du soleil, des sources de chaleur et des produits chimiques. Les UV, l’humidité et les températures extrêmes dégradent progressivement les fibres textiles et réduisent la résistance mécanique des sangles.

Lorsqu’un nettoyage s’avère nécessaire, il doit être effectué conformément aux recommandations du fabricant. Généralement, un lavage à l’eau tiède avec un savon neutre suffit. Les détergents agressifs, les solvants et le séchage en machine sont proscrits car ils peuvent altérer les propriétés mécaniques du textile. Après lavage, le harnais doit sécher naturellement à l’air libre, à l’abri du soleil direct.

La durée de vie maximale d’un harnais est généralement fixée par le fabricant, indépendamment de son état apparent. Cette durée varie selon les matériaux utilisés et les conditions d’utilisation, mais se situe généralement entre 5 et 10 ans à compter de la date de fabrication. Respecter cette limite temporelle garantit que les équipements conservent leurs propriétés mécaniques même en l’absence de dommage visible.

 

Le harnais de sécurité dans une démarche globale de prévention

 

Complémentarité avec les protections collectives

 

Le harnais de sécurité ne doit jamais être considéré comme une solution de première intention. Le principe fondamental de la prévention impose de privilégier systématiquement les protections collectives, qui protègent simultanément tous les travailleurs présents sans nécessiter d’action individuelle. Les garde-corps permanents ou temporaires constituent la solution la plus efficace lorsqu’ils sont techniquement réalisables.

Les filets de sécurité offrent une protection collective particulièrement adaptée à certaines configurations de chantier. Installés sous les zones de travail en hauteur, ils arrêtent la chute des personnes et des objets sans nécessiter d’action de la part des travailleurs. Les plateformes élévatrices mobiles de personnel représentent également une alternative sécurisée pour de nombreuses interventions en hauteur, éliminant le risque de chute en travaillant depuis un plancher stable et protégé.

Ce n’est que lorsque ces protections collectives s’avèrent impossibles à mettre en œuvre, en raison de contraintes techniques ou d’impossibilité physique, que le recours aux équipements de protection individuelle comme le harnais devient justifié. Cette hiérarchie des mesures de prévention doit guider toute réflexion sur la sécurisation des travaux en hauteur.

 

Analyse des risques en amont

 

Une démarche de prévention efficace commence par une évaluation rigoureuse des risques. Chaque poste de travail en hauteur doit faire l’objet d’une analyse identifiant les situations d’exposition, la probabilité de chute et la gravité potentielle. Cette évaluation permet de déterminer les mesures de protection adaptées et de justifier les choix techniques retenus.

Le choix du dispositif antichute découle directement de cette analyse. La hauteur de travail, la configuration des lieux, la durée d’exposition, la fréquence des interventions et les contraintes opérationnelles orientent vers tel ou tel type de protection. Un travail ponctuel de courte durée peut justifier l’utilisation d’un harnais avec longe, tandis qu’une intervention répétitive nécessitera peut-être l’installation d’une ligne de vie permanente.

Cette réflexion préalable évite les solutions inadaptées ou insuffisantes. Elle permet également d’anticiper les moyens nécessaires en termes d’équipements, de formation et d’organisation du travail. Le document unique d’évaluation des risques professionnels doit tracer cette démarche et documenter les choix effectués.

 

Rôle des responsables sécurité et donneurs d’ordre

 

Les responsables sécurité et les responsables HSE portent une mission stratégique dans la mise en œuvre d’une politique de prévention des chutes. Ils définissent les procédures, sélectionnent les équipements, organisent les formations et vérifient l’application des consignes sur le terrain. Leur rôle dépasse la simple conformité réglementaire pour viser l’excellence en matière de sécurité.

La sensibilisation terrain constitue un levier essentiel de cette politique. Les actions de communication, les affichages, les causeries sécurité et les retours d’expérience maintiennent l’attention des équipes sur les risques de chute. Cette présence régulière des responsables sécurité auprès des opérationnels crée un dialogue constructif et favorise l’adhésion aux règles de sécurité.

La culture sécurité se construit dans la durée, par la répétition des messages, l’exemplarité des encadrants et la valorisation des comportements vertueux. Lorsque la sécurité devient une valeur partagée par tous les acteurs du chantier, du dirigeant à l’opérateur, les pratiques évoluent durablement et les accidents deviennent exceptionnels.

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Conclusion

 

Le harnais de sécurité représente bien plus qu’un simple équipement : il incarne l’engagement d’une entreprise envers la protection de ses travailleurs. Son utilisation s’inscrit dans un cadre réglementaire strict qui impose des obligations claires aux employeurs comme aux utilisateurs. La conformité aux normes européennes, le respect des procédures de vérification et la formation continue des équipes constituent les piliers d’une utilisation efficace.

Choisir le bon type de harnais selon les métiers et les situations de travail, maîtriser les techniques d’ajustement et de connexion, maintenir les équipements en parfait état : autant d’éléments qui conditionnent la sécurité réelle des interventions en hauteur. Le harnais de sécurité trouve sa pleine efficacité lorsqu’il s’intègre dans une démarche globale de prévention, associant protections collectives, analyse des risques et culture sécurité partagée.

Face aux enjeux humains et réglementaires des travaux en hauteur, les professionnels du BTP, de l’industrie et de la maintenance disposent aujourd’hui d’équipements performants et normés. La vigilance quotidienne, la rigueur dans les contrôles et l’engagement de tous les acteurs transforment ces équipements en véritables remparts contre les accidents mortels.

 

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