Les peintures façades constituent un élément déterminant dans la préservation et la protection des bâtiments professionnels. Bien au-delà de leur fonction esthétique, elles assurent une barrière technique essentielle contre les agressions climatiques, l’humidité et la dégradation des supports. Dans le secteur du BTP, le choix d’une peinture façade répond à des exigences strictes : compatibilité avec les supports, respect des normes en vigueur, durabilité face aux contraintes extérieures et adaptation aux conditions spécifiques de chaque chantier.
Les professionnels du bâtiment sont confrontés à des problématiques complexes lors de la sélection d’un revêtement façade extérieur. La nature du support (béton, enduit, pierre), l’exposition du bâtiment aux intempéries, les réglementations locales et les impératifs de délais influencent directement les choix techniques. Ce guide expert aborde l’ensemble des paramètres à considérer pour une mise en œuvre conforme et pérenne des peintures façades en milieu professionnel, depuis la sélection du produit jusqu’aux conditions d’application sur chantier.
Rôle et fonctions des peintures façades en milieu professionnel
Protection durable des façades extérieures
La peinture façade professionnelle remplit avant tout une mission de protection du bâti. Face aux agressions climatiques répétées (pluie, gel, cycles thermiques), elle constitue la première ligne de défense des supports muraux. Les formulations techniques actuelles intègrent des propriétés hydrofuges qui limitent la pénétration de l’eau tout en autorisant la migration de la vapeur d’eau depuis l’intérieur vers l’extérieur. Cette caractéristique microporeuse prévient les phénomènes de condensation interne et les dégradations associées.
La résistance aux UV représente un autre critère fondamental. Les rayonnements ultraviolets dégradent progressivement les liants organiques et provoquent le farinage des revêtements de qualité insuffisante. Les peintures façades BTP intègrent des pigments et des résines sélectionnés pour maintenir leur intégrité chimique et leur aspect sur le long terme, même en exposition intensive. Cette stabilité photochimique garantit une durée de vie prolongée et réduit la fréquence des interventions de maintenance.
L’action protectrice s’étend également à la prévention des salissures et de la pollution atmosphérique. Les façades urbaines ou situées à proximité d’axes routiers accumulent des particules qui altèrent leur apparence et favorisent la colonisation biologique. Les formulations modernes intègrent des propriétés autonettoyantes ou antisalissures qui facilitent l’évacuation des dépôts lors des épisodes pluvieux, préservant ainsi l’intégrité et la présentation du bâtiment.
Enjeux techniques sur les chantiers BTP
Les contraintes de mise en œuvre en milieu professionnel diffèrent substantiellement des applications domestiques. Les surfaces à traiter atteignent fréquemment plusieurs centaines de mètres carrés, ce qui impose des cadences d’application soutenues et une régularité de rendu. La peinture extérieure bâtiment doit permettre une application rapide tout en garantissant une couverture homogène et des reprises invisibles entre les zones de travail successives.
Les conditions climatiques conditionnent largement la planification des interventions. Les fenêtres météorologiques favorables (absence de pluie, température comprise entre 5 et 25°C, hygrométrie modérée) déterminent les périodes d’application possibles. Les formulations professionnelles intègrent des plages de travail élargies et des temps de séchage optimisés pour maximiser la productivité sans compromettre les performances finales du revêtement.
La sécurité des applicateurs constitue une préoccupation centrale sur les chantiers de façade. L’installation d’échafaudages, la circulation en hauteur et la manipulation de produits chimiques imposent le respect de protocoles stricts. Les peintures façades professionnelles répondent à des exigences spécifiques en termes de solvants, d’émissions de COV et d’inflammabilité pour limiter les risques sanitaires et accidentels.
Différences entre peinture façade pro et grand public
Les peintures destinées au marché professionnel se distinguent par leur formulation technique et leurs garanties de performance. Là où un produit grand public privilégie la facilité d’application et un coût d’achat réduit, la peinture façade professionnelle vise la durabilité maximale et la conformité aux exigences normatives. Les taux de liants, la granulométrie des charges et la concentration en pigments sont optimisés pour résister aux sollicitations intensives des façades exposées.
La traçabilité et la documentation technique constituent d’autres éléments discriminants. Les produits professionnels s’accompagnent de fiches techniques détaillées (FT), de fiches de données de sécurité (FDS) et d’avis techniques qui permettent la vérification de leur conformité aux DTU et aux cahiers des charges. Cette documentation est indispensable pour justifier les choix techniques auprès des maîtres d’ouvrage et pour établir les responsabilités en cas de sinistre.
La capacité à traiter des surfaces étendues sans rupture de lot représente également un avantage décisif. Les variations de teinte entre lots successifs peuvent créer des nuances visibles sur les grandes façades. Les fabricants destinés aux professionnels garantissent une reproductibilité colorimétrique stricte et proposent des conditionnements adaptés aux besoins des chantiers d’envergure.
Les principaux types de peintures façades professionnelles
Peintures acryliques façades
Les formulations acryliques en phase aqueuse dominent actuellement le marché de la peinture façade rénovation et du neuf. Leur polyvalence leur permet de s’adapter à la majorité des supports courants (enduits ciment, béton, supports minéraux). Les résines acryliques forment un film continu après évaporation de l’eau, créant une barrière élastique qui accompagne les microfissures du support sans se fissurer elle-même.
Leur résistance aux UV et leur stabilité colorimétrique en font des solutions privilégiées pour les façades exposées au sud et en milieu urbain. Les pigments organiques et minéraux sont encapsulés dans la matrice polymère, ce qui limite leur dégradation photochimique. La perméabilité à la vapeur d’eau demeure suffisante pour autoriser les échanges hygrométriques, prévenant ainsi les phénomènes de cloquage ou de décollement.
L’application des peintures acryliques façades s’effectue généralement en deux couches au rouleau ou au pistolet airless. Leur viscosité est ajustable par addition d’eau, permettant une adaptation aux conditions de chantier et aux équipements disponibles. Le temps de séchage rapide autorise la réalisation de l’ensemble du système en une journée par temps favorable, optimisant ainsi les délais d’intervention.
Peintures siloxanes
Les revêtements siloxanes associent les avantages des résines silicones et des liants acryliques. Leur structure moléculaire hybride confère une hydrophobie exceptionnelle tout en maintenant une microporosité élevée. Cette combinaison s’avère particulièrement adaptée aux façades fortement exposées aux intempéries (littoral, montagne, zones de pluies fréquentes) où la protection contre l’humidité prime.
L’effet perlant de l’eau en surface limite l’absorption capillaire et accélère le séchage des façades après les épisodes pluvieux. Cette propriété réduit significativement les risques de colonisation par les micro-organismes (algues, mousses, champignons) qui prolifèrent en milieu humide. Les bâtiments situés dans des environnements ombragés ou mal ventilés tirent un bénéfice majeur de cette technologie.
La durabilité des peintures siloxanes dépasse généralement celle des formulations acryliques standards, justifiant leur positionnement tarifaire supérieur. Leur résistance au farinage et à l’encrassement prolonge les intervalles entre réfections, réduisant ainsi les coûts de maintenance à long terme. Cette caractéristique les rend particulièrement attractives pour les gestionnaires de patrimoine immobilier et les collectivités.
Peintures pliolites
Les peintures pliolites en phase solvant conservent une place spécifique dans le traitement des façades anciennes et des supports délicats. Leur faible tension de surface leur confère un pouvoir mouillant exceptionnel, favorisant la pénétration dans les micro-anfractuosités et l’accrochage sur les supports faiblement cohésifs. Cette propriété s’avère décisive lors de la rénovation de bâtiments patrimoniaux où la compatibilité avec les matériaux originels prime.
La résine pliolite forme un film particulièrement résistant aux alcalins et aux sels solubles présents dans les maçonneries anciennes. Elle tolère mieux les remontées capillaires et les efflorescences que les formulations aqueuses, limitant ainsi les risques de décollements prématurés. Son comportement hydrofuge sans obstruction des pores permet aux supports de continuer à respirer, paramètre essentiel pour la conservation des édifices historiques.
L’application des pliolites nécessite toutefois des précautions spécifiques liées à la présence de solvants. La ventilation du chantier, la limitation des sources d’ignition et le port d’équipements de protection individuelle adaptés sont impératifs. Les températures d’application admissibles sont plus étendues que pour les aqueuses, autorisant les interventions en intersaison.
Peintures imperméabilisantes
Les systèmes imperméabilisants constituent une catégorie spécialisée destinée aux façades présentant des problématiques d’infiltration avérées. Leur formulation concentrée en résines et leur structure filmogène épaisse créent une barrière quasi-étanche qui bloque le passage de l’eau liquide. Ces produits interviennent généralement en complément de travaux de réparation des supports et de traitement des points singuliers.
La peinture façade imperméable trouve son application privilégiée sur les murs soumis à des pluies battantes, les pignons non protégés ou les façades présentant une exposition horizontale aux intempéries. Certaines formulations intègrent des fibres de renfort qui pontent les microfissures actives, assurant une continuité de l’étanchéité même en cas de mouvements structurels mineurs du support.
Le choix d’un système imperméabilisant implique une analyse rigoureuse de la situation. Une imperméabilisation excessive peut piéger l’humidité à l’intérieur du bâtiment si celui-ci ne dispose pas d’une ventilation adaptée ou si des remontées capillaires subsistent. L’intervention d’un diagnostiqueur ou d’un bureau d’études techniques garantit l’adéquation de la solution aux pathologies identifiées. Pour découvrir l’ensemble des solutions techniques disponibles, consultez notre gamme de peintures façades toitures.
Supports et compatibilités en façade extérieure
Peinture façade sur béton
Le béton se décline en multiples variantes (brut, matricé, lavé, architectonique) qui imposent des approches différenciées. Le béton brut de décoffrage présente une surface lisse et faiblement poreuse qui nécessite une préparation mécanique (ponçage, sablage léger) pour développer une rugosité favorable à l’accrochage. La peinture façade béton doit présenter une excellente adhérence initiale et une élasticité suffisante pour accompagner les variations dimensionnelles du matériau.
La porosité variable du béton selon sa formulation et son âge influence directement la consommation de produit. Un béton jeune et poreux absorbe fortement la première couche, nécessitant l’application préalable d’un primaire fixateur qui égalise le pouvoir absorbant du support et réduit la consommation des couches de finition. Ce primaire améliore également la tenue dans le temps en créant une liaison chimique entre le substrat minéral et le revêtement organique.
Les bétons exposés aux cycles gel-dégel ou présentant des armatures affleurantes requièrent une attention particulière. Les infiltrations d’eau peuvent provoquer l’oxydation des aciers et générer des pressions internes lors de la congélation. Un diagnostic préalable identifie ces vulnérabilités et oriente vers des systèmes de protection renforcés, éventuellement couplés à un traitement anticorrosion des armatures apparentes.
Peinture façade sur enduit
Les enduits ciment et monocouches constituent les supports les plus fréquemment rencontrés sur les façades contemporaines. Leur alcalinité élevée en phase de jeunesse impose le respect d’un délai de maturation minimal avant application de la peinture. La norme DTU 59.1 préconise généralement une attente de quatre semaines pour les enduits hydrauliques, durée nécessaire à la carbonatation superficielle et à l’évacuation de l’humidité résiduelle.
La texture de l’enduit influence le choix de la peinture et la technique d’application. Un enduit gratté fin accepte des peintures lisses appliquées au rouleau, tandis qu’un enduit écrasé ou projeté grossier nécessite des revêtements épais (RPE) appliqués à la taloche ou au pistolet pour garantir une couverture complète des reliefs. La compatibilité entre la granulométrie de l’enduit et la viscosité du revêtement conditionne le rendu final et l’absence de zones d’accroche insuffisante.
Les enduits anciens dégradés posent des problèmes spécifiques de cohésion. Avant toute application de peinture façade enduit, un test d’arrachement (scotch-test) vérifie la tenue mécanique du support. Si le test révèle un farinage important ou des décollements, un décapage, un brossage mécanique ou l’application d’un fixateur profond s’impose pour reconstituer une base stable.
Façades anciennes et rénovation
Les interventions sur bâti ancien exigent une approche diagnostique préalable. Les supports hétérogènes, les superpositions de revêtements antérieurs et les pathologies structurelles (fissures, infiltrations, défauts d’isolation) doivent être identifiés avant tout traitement de surface. Un carottage ou un sondage destructif localisé renseigne sur la nature exacte des matériaux constitutifs et oriente vers des solutions compatibles.
La problématique de compatibilité chimique se pose avec acuité sur les façades rénovées. L’application d’un revêtement imperméable sur un système ancien microporeux peut générer des décollements par accumulation d’humidité sous le nouveau film. À l’inverse, un produit trop perméable sur une base étanche n’apporte aucun bénéfice technique. La règle générale privilégie des systèmes de perméabilité croissante vers l’extérieur.
Les techniques de rénovation respectueuses du patrimoine privilégient les produits à base de chaux pour les édifices antérieurs au XXe siècle. Ces formulations minérales présentent une compatibilité optimale avec les mortiers de chaux d’origine et respectent les transferts hygrométriques naturels des maçonneries traditionnelles. Leur mise en œuvre demande toutefois des compétences spécifiques et des délais d’application plus étendus.
Normes, DTU et cadre réglementaire en peinture façade
DTU et règles professionnelles
Le DTU 59.1 constitue la référence normative pour l’exécution des travaux de peinture en bâtiment, incluant les façades extérieures. Ce document définit les conditions de préparation des supports, les modalités d’application des produits et les caractéristiques techniques minimales attendues. Son respect engage la responsabilité décennale des applicateurs et conditionne la validité des garanties assurantielles.
Les prescriptions du DTU 59.1 couvrent notamment les délais d’attente entre couches, les épaisseurs minimales de film sec à atteindre et les conditions climatiques d’application. Elles précisent également les essais de convenance à réaliser avant démarrage des travaux sur grandes surfaces (planches d’essai, tests d’adhérence). Ces vérifications préalables préviennent les non-conformités et sécurisent l’exécution des marchés.
La responsabilité de l’applicateur implique également le respect des prescriptions fabricants qui complètent le cadre normatif. Les fiches techniques des produits spécifient les rendements théoriques, les diluants compatibles et les systèmes complets préconisés. Toute dérogation à ces spécifications doit faire l’objet d’un accord écrit du maître d’œuvre et peut engager la garantie du poseur en cas de sinistre.
Sécurité sur chantier
La réglementation relative aux produits chimiques impose l’utilisation de peintures conformes au règlement REACH et aux directives européennes sur les émissions de COV. Les solvants classés CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) sont progressivement éliminés des formulations professionnelles. Les fiches de données de sécurité détaillent les précautions de manipulation et les équipements de protection individuelle requis.
Les conditions d’application en extérieur nécessitent une vigilance particulière concernant les risques de chutes et l’installation des échafaudages. La réglementation sur le travail en hauteur impose des formations spécifiques pour le personnel, la vérification périodique des équipements de protection collective et la mise en place de protections adaptées (garde-corps, filets, harnais). Les coordinateurs SPS (sécurité et protection de la santé) intègrent ces éléments dans les plans de prévention des chantiers.
L’exposition prolongée aux vapeurs de solvants, même en concentration faible, impose le port de masques respiratoires adaptés. Les peintures en phase solvant nécessitent des protections de type A2 (vapeurs organiques), tandis que les projections liquides justifient le port de lunettes et de vêtements de protection. La sensibilisation des équipes à ces risques chimiques participe à la prévention des pathologies professionnelles.
Enjeux réglementaires pour collectivités et bâtiments publics
Les marchés publics de ravalement imposent des exigences accrues en termes de traçabilité, de garanties et de performances techniques. Les cahiers des charges techniques particuliers (CCTP) détaillent les caractéristiques minimales des produits à mettre en œuvre et peuvent imposer des certifications spécifiques (Acermi, avis techniques du CSTB). Ces documents contractuels prévalent sur les pratiques courantes et engagent les entreprises attributaires.
La notion de pérennité du bâti public intègre des objectifs de durabilité renforcés. Les gestionnaires de patrimoine privilégient des cycles de maintenance programmée sur 10 à 15 ans, nécessitant des revêtements capables de maintenir leurs performances sur ces durées. Les garanties de tenue demandées aux fabricants dépassent fréquemment les standards du marché privé et s’appuient sur des protocoles de vieillissement accéléré normalisés.
La conformité environnementale des chantiers publics s’intensifie progressivement. Les critères d’éco-conditionnalité des marchés favorisent les produits à faible impact (émissions de COV réduites, bilans carbone optimisés, recyclabilité des emballages). Cette évolution oriente le marché vers des formulations toujours plus respectueuses de l’environnement sans compromission des performances techniques.
Conditions d’application et contraintes extérieures
Conditions climatiques
La température constitue le paramètre climatique le plus critique pour l’application des peintures façades. En dessous de 5°C, les émulsions aqueuses ne peuvent former correctement leur film et risquent la gélification irréversible. Au-delà de 30°C, l’évaporation accélérée de l’eau provoque un séchage superficiel prématuré qui empêche la bonne coalescence des particules de résine. La plage optimale se situe entre 10 et 25°C pour la majorité des produits.
L’hygrométrie atmosphérique influence directement les temps de séchage et la qualité du film final. Une humidité relative supérieure à 80% ralentit considérablement l’évaporation de l’eau et peut générer des défauts d’aspect (coulures, traces de rouleau visibles). À l’inverse, une atmosphère trop sèche en climat chaud accélère la prise et rend difficile le travail du produit. Les applicateurs expérimentés adaptent leurs techniques aux conditions réelles du chantier.
Le vent représente un facteur souvent sous-estimé. Une brise modérée accélère le séchage mais provoque également l’apport de poussières et de pollens qui se déposent sur le film frais. Les chantiers en bord de mer sont particulièrement exposés aux embruns salins qui compromettent l’adhérence s’ils ne sont pas éliminés avant application. La protection temporaire des surfaces traitées par des bâches respirantes peut s’avérer nécessaire dans certaines configurations.
Préparation des supports
La qualité de la préparation conditionne directement la pérennité du système de peinture. Le nettoyage de la façade élimine les salissures, les efflorescences et les micro-organismes qui altèrent l’adhérence. Selon l’état du support, différentes techniques s’appliquent : lavage haute pression (80 à 150 bars), hydrogommage, nébulisation chimique avec biocides. Le séchage complet du support avant peinture est impératif, nécessitant généralement 48 heures minimum après un lavage.
Les réparations structurelles précèdent obligatoirement l’application du revêtement. Les fissures actives sont traitées par calfeutrement souple ou pontage armé, tandis que les zones d’enduit décollé sont purgées et reconstituées. Les têtes de clous ou fixations métalliques oxydées reçoivent un traitement antirouille localisé. Cette phase de reprise garantit l’uniformité du support et prévient les pathologies ultérieures.
Le traitement préalable des supports neufs ou restaurés adapte leurs caractéristiques à la réception du revêtement final. Les primaires d’impression régularisent l’absorption, bloquent les fonds tachants et améliorent l’accrochage mécanique. Leur sélection dépend de la nature du support et du système de finition retenu. Les fabricants proposent des gammes complètes de sous-couches adaptées à chaque configuration technique.
Application en environnement contraint
Les chantiers en site occupé imposent des contraintes organisationnelles spécifiques. La protection des abords (véhicules, plantations, menuiseries) par films et bâches évite les projections accidentelles. Les horaires d’intervention peuvent être limités pour préserver la tranquillité des occupants ou la continuité de l’activité économique. La communication préalable avec les riverains et la signalétique appropriée facilitent l’acceptation des nuisances temporaires.
Les bâtiments en activité nécessitent une coordination fine entre les intervenants. L’accès aux façades peut être conditionné par les horaires d’ouverture, les impératifs de sécurité ou les contraintes d’exploitation. Les techniques d’application par nacelle élévatrice limitent l’emprise au sol et réduisent la durée d’immobilisation des abords par rapport aux échafaudages traditionnels. Cette souplesse logistique se révèle déterminante en milieu urbain dense.
Les zones sensibles (établissements de santé, écoles, industries agroalimentaires) exigent l’emploi de produits à très faibles émissions et le respect de protocoles d’hygiène renforcés. Les certifications environnementales des produits (Ecolabel, A+) apportent des garanties sur leur innocuité. La ventilation des espaces intérieurs pendant les travaux et l’information des usagers sur les précautions à observer complètent le dispositif de maîtrise des risques.
Cas d’usage professionnels et secteurs concernés
Bâtiments industriels
Les façades industrielles subissent des agressions spécifiques liées à l’activité : émissions de vapeurs chimiques, projections de matières, vibrations mécaniques. La protection façade bâtiment industriel privilégie des revêtements à haute résistance chimique et mécanique, souvent issus de technologies époxy ou polyuréthane. La durabilité prime sur l’esthétique, avec des cycles de réfection espacés pour limiter les interruptions d’exploitation.
L’exposition à la pollution atmosphérique concentrée (zones industrialo-portuaires, abords d’installations classées) accélère la dégradation des revêtements standards. Les formulations spécifiques intègrent des charges inertes et des liants résistants aux atmosphères acides ou basiques. Le choix des teintes privilégie des coloris peu sensibles aux dépôts de particules et aux altérations chromatiques induites par les polluants.
Les contraintes de sécurité en environnement ATEX (atmosphères explosives) limitent l’usage de produits solvantés et imposent des équipements antidéflagrants pour l’application. Les chantiers en zones à risque font l’objet de permis de travail spécifiques et de présence permanente de responsables sécurité. Ces contraintes réglementaires orientent vers des solutions aqueuses appliquées par des entreprises qualifiées.
Collectivités et ERP
Les établissements recevant du public (ERP) et les bâtiments des collectivités obéissent à des normes de sécurité incendie strictes. Les revêtements de façade peuvent être soumis à des exigences de réaction au feu, particulièrement sur les immeubles de grande hauteur ou les établissements sensibles. Les classements M (M0 à M4) ou Euroclasses (A1 à F) certifient le comportement des matériaux en cas d’incendie.
La diversité des établissements publics (écoles, crèches, mairies, équipements sportifs) induit des cahiers des charges variés. Les façades d’établissements scolaires privilégient des finitions résistantes aux chocs et au vandalisme, avec des peintures anti-graffiti facilitant l’élimination des tags. Les établissements de santé imposent des produits hypoallergéniques et des protocoles d’application compatibles avec la présence de patients.
La programmation budgétaire pluriannuelle des collectivités favorise l’anticipation des opérations de ravalement. Les diagnostics de l’état du patrimoine bâti orientent les priorités d’intervention et permettent l’optimisation des ressources. Les groupements de commandes mutualisés entre communes réalisent des économies d’échelle tout en garantissant une qualité homogène des interventions.
Artisans et entreprises du BTP
Les artisans peintres et les PME du bâtiment constituent les principaux applicateurs de peintures façades. Leur expertise technique et leur connaissance des produits garantissent la qualité de mise en œuvre. La formation continue aux nouvelles technologies (siloxanes, isolants minces intégrés, techniques de projection) maintient leurs compétences à l’état de l’art et préserve leur compétitivité.
Les entreprises générales du BTP intègrent les travaux de peinture façade dans des opérations globales de rénovation ou de construction. Cette approche coordonnée optimise les interfaces entre corps d’état et réduit les délais d’exécution. La sous-traitance à des applicateurs spécialisés garantit le respect des exigences techniques tout en bénéficiant de la garantie unique du mandataire.
L’évolution du marché vers des prestations complètes (diagnostic, travaux, maintenance) transforme le positionnement des entreprises de peinture. Les contrats d’entretien pluriannuels fidélisent les donneurs d’ordre et sécurisent l’activité. Cette mutation vers un modèle serviciel nécessite des compétences élargies en gestion de patrimoine et en conseil technique auprès des maîtres d’ouvrage.
Conclusion
Le choix et la mise en œuvre des peintures façades en contexte professionnel résultent d’une analyse multicritère associant les caractéristiques du support, les performances techniques requises, le cadre normatif applicable et les contraintes opérationnelles du chantier. La maîtrise de ces paramètres garantit la pérennité des ouvrages et la satisfaction des exigences croissantes en matière de durabilité et de qualité environnementale.
L’expertise technique demeure déterminante pour adapter les solutions aux spécificités de chaque projet. Les professionnels du BTP disposent aujourd’hui d’une palette étendue de technologies performantes, depuis les acryliques polyvalentes jusqu’aux systèmes spécialisés pour applications critiques. La documentation technique, le respect des DTU et l’accompagnement par les fabricants sécurisent les interventions et préviennent les pathologies.
L’évolution réglementaire et les enjeux environnementaux orientent le secteur vers des formulations toujours plus respectueuses de la santé et de l’environnement. Les innovations continues en matière de liants, de pigments et d’additifs fonctionnels élargissent constamment le champ des possibles techniques. Cette dynamique d’amélioration continue bénéficie à l’ensemble de la filière et contribue à la préservation durable du patrimoine bâti.