
Un accident du travail sur cinq implique les membres inférieurs. Parmi eux, les blessures aux pieds représentent une part significative des arrêts de travail en milieu professionnel. Pourtant, une grande majorité de ces incidents est évitable. Le bon équipement de protection individuelle, et notamment des chaussures de sécurité basses adaptées à votre environnement, constitue la première ligne de défense contre ces risques.
Ce guide vous explique concrètement pourquoi le choix de vos chaussures de sécurité basses n’est pas une décision anodine, comment leurs caractéristiques techniques réduisent directement l’exposition aux accidents, et quelles bonnes pratiques adopter pour maximiser leur efficacité au quotidien.
L’importance des chaussures de sécurité basses dans la prévention des accidents au travail
La prévention des accidents commence par une analyse rigoureuse des risques présents sur le lieu de travail. Les pieds sont exposés à de nombreux dangers, souvent sous-estimés jusqu’à ce qu’un incident survienne.
Les risques les plus courants sur un lieu de travail
Glissades et chutes
Les glissades représentent l’une des premières causes d’accidents du travail en France. Sols mouillés, surfaces grasses, carrelages lisses, pavés extérieurs… les occasions de glisser sont nombreuses dans la quasi-totalité des secteurs d’activité. Une chute peut entraîner des fractures, des entorses graves, voire des traumatismes crâniens. La semelle de la chaussure de sécurité est ici le paramètre déterminant.
Perforations et blessures aux pieds
Dans les environnements industriels, le BTP ou la logistique, les pieds sont régulièrement exposés à des objets tranchants, des clous, des éclats métalliques ou des débris de chantier. Sans semelle anti-perforation ni embout de protection, une simple vis au sol peut provoquer une blessure grave nécessitant une intervention chirurgicale et plusieurs semaines d’arrêt.
Électrocution et risques électriques
Dans certains environnements (industrie électronique, électricité, maintenance), les risques de décharges électrostatiques ou d’électrocution sont réels. Des chaussures de sécurité non adaptées peuvent conduire le courant jusqu’à l’opérateur avec des conséquences potentiellement mortelles. Les chaussures certifiées ESD ou antistatiques répondent précisément à ce type de danger.
Pourquoi les chaussures basses sont particulièrement adaptées à certains métiers
Les chaussures de sécurité basses offrent un compromis optimal entre protection et liberté de mouvement. Elles sont particulièrement recommandées dans les secteurs où :
- La mobilité est essentielle (logistique, grande distribution, secteur tertiaire industrialisé)
- Les sols sont relativement stables et les risques de torsion de cheville limités
- Les températures sont clémentes et ne nécessitent pas une isolation renforcée au niveau de la cheville
- Les opérateurs travaillent principalement en station debout sur surface plane
Leur conception plus légère que les modèles montants réduit la fatigue musculaire en fin de journée, ce qui a un impact direct sur la concentration de l’opérateur et donc sur la survenue d’accidents liés à la fatigue.
Les avantages spécifiques des chaussures basses comparées aux modèles montants
Il serait réducteur de considérer les modèles montants comme systématiquement plus sécurisants. Les chaussures basses présentent des atouts propres qui, dans le bon contexte, les rendent plus efficaces :
| Critère | Chaussures basses | Chaussures montantes |
|---|---|---|
| Mobilité | Excellente | Réduite |
| Légèreté | Supérieure | Moins légères |
| Ventilation | Meilleure | Plus limitée |
| Support de cheville | Limité | Renforcé |
| Terrain recommandé | Sol stable, plat | Terrain accidenté, instable |
| Fatigue musculaire | Moins élevée | Plus élevée sur la durée |
Le bon modèle, c’est celui qui correspond à votre environnement réel de travail, pas celui qui semble le plus robuste sur le papier.
Les caractéristiques des chaussures de sécurité basses qui réduisent les risques d’accidents
Semelles antidérapantes : rôle crucial pour éviter les glissades
La semelle extérieure est l’élément le plus directement impliqué dans la prévention des glissades. Pour être efficace, elle doit répondre à plusieurs exigences techniques :
- Certification SRC : c’est la classification antidérapance la plus exigeante selon la norme EN ISO 20345. Elle combine les tests SRA (sols carrelés avec laurylsulfate de sodium) et SRB (sols en acier avec glycérol). Une chaussure certifiée SRC offre une adhérence prouvée sur les deux types de surfaces les plus glissantes.
- Profil de semelle adapté : la profondeur et la géométrie des canaux d’évacuation de l’eau influencent directement l’adhérence sur sol mouillé.
- Composition du matériau : le caoutchouc nitrile, le polyuréthane et les mélanges bi-densité offrent des propriétés d’adhérence différentes selon les surfaces.
Matériaux résistants : protection contre les impacts et perforations
L’embout de protection et la semelle anti-perforation constituent les deux boucliers principaux contre les blessures mécaniques :
L’embout de protection peut être :
- En acier : résistance maximale, mais plus lourd
- En composite (fibre de verre, Kevlar, carbone) : légèreté accrue, non conducteur, idéal en environnement ESD
- En aluminium : compromis entre les deux
Tous les embouts des chaussures de sécurité (classification S) doivent résister à un impact de 200 joules et une compression de 15 kN selon la norme EN ISO 20345.
La semelle anti-perforation (présente dès la classification S3) doit résister à une force de pénétration de 1 100 N minimum. Elle est désormais souvent réalisée en textile composite anti-perforation plutôt qu’en acier, ce qui améliore significativement le confort et la légèreté de la chaussure.
Conformité aux normes : un gage de sécurité
Normes S1, S2, S3 : quelles différences ?
La norme européenne EN ISO 20345 définit les classifications de protection des chaussures de sécurité. Voici ce que couvre chaque niveau :
Exigences de base communes à toutes les classifications :
- Embout résistant à 200 J d’impact et 15 kN de compression
- Résistance au glissement (SRA ou SRB minimum)
- Absorption d’énergie au talon
S1 : Propriétés de base + zone de talon fermée + antistatique + absorption d’énergie au talon
S1P : S1 + semelle anti-perforation
S2 : S1 + résistance à la pénétration de l’eau et absorption d’eau (WRU)
S3 : S2 + semelle anti-perforation + semelle extérieure à crampons
S4 et S5 : concernent les bottes en caoutchouc ou polymère
Des classifications complémentaires existent : HRO (résistance à la chaleur par contact jusqu’à 300°C), CI (isolation contre le froid), ESD (décharges électrostatiques), WR (résistance à l’eau), CR (résistance à la coupure), M (protection métatarsienne).
Importance du marquage CE
Le marquage CE n’est pas optionnel. Il atteste que le fabricant certifie la conformité du produit aux directives européennes applicables aux EPI (Règlement UE 2016/425). Sans ce marquage, la chaussure ne peut légalement pas être considérée comme un EPI. Vérifiez également la présence du numéro de l’organisme notifié sur l’étiquetage intérieur.

Chaussures antidérapantes : évaluer l’efficacité sur le terrain
Pour aller plus loin sur ce point, notre guide dédié aux chaussures de sécurité basses antidérapantes et à l’évaluation de leur efficacité sur le terrain vous donnera les clés pour comparer les modèles disponibles et tester leur adhérence dans vos conditions de travail réelles avant un déploiement à grande échelle.
Comment bien choisir ses chaussures de sécurité basses pour minimiser les risques
Identifier les dangers spécifiques liés à son environnement de travail
Avant de sélectionner un modèle, réalisez une évaluation des risques de votre poste de travail. Cette démarche, obligatoire dans le cadre du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), doit identifier :
- La nature des sols (lisses, rugueux, mouillés, gras)
- Les risques de chutes d’objets et leur masse estimée
- L’exposition aux produits chimiques, à l’eau, à la chaleur ou au froid
- Les risques électriques ou électrostatiques
- La durée de port quotidienne et l’intensité des déplacements
Secteurs industriels vs secteurs tertiaires
Les besoins ne sont pas les mêmes selon le secteur :
Secteurs industriels (BTP, métallurgie, chimie, agroalimentaire) :
- Protection renforcée contre les impacts et perforations (S3 minimum)
- Résistance aux produits chimiques (FO pour les huiles)
- Semelles HRO si exposition à la chaleur
Secteurs tertiaires et logistique (entrepôts, grande distribution, bureaux techniques) :
- Confort prioritaire pour les longues stations debout
- Classification S1P souvent suffisante
- Légèreté et respirabilité comme critères différenciants
Les critères essentiels à prendre en compte : confort, durabilité et sécurité
Un EPI efficace est un EPI porté. Si la chaussure est inconfortable, l’opérateur trouvera des raisons de ne pas la mettre, ou ne la portera pas toute la journée. Voici les critères à évaluer systématiquement :
🎯 Confort :
- Semelle intérieure ergonomique avec amorti adapté aux longues stations debout
- Doublure respirante pour limiter la transpiration
- Semelle intérieure amovible pour faciliter le remplacement et l’hygiène
- Poids par paire (une chaussure composite peut peser 30 à 40 % de moins qu’un modèle acier)
🔧 Durabilité :
- Qualité de l’empeigne (cuir pleine fleur, nubuck, textile technique)
- Résistance à l’abrasion de la semelle extérieure
- Solidité du système de laçage (traditionnel, BOA, laçage rapide)
🛡️ Sécurité :
- Classification EN ISO 20345 adaptée aux risques identifiés
- Certification SRC pour l’antidérapance
- Présence du marquage CE et du numéro d’organisme notifié
Erreurs courantes à éviter lors du choix de chaussures de sécurité basses
Négliger l’importance des certifications
Choisir une chaussure de travail sans certification EPI parce qu’elle “ressemble” à une chaussure de sécurité est une erreur fréquente et potentiellement coûteuse. Sans les tests de résistance à l’impact, à la perforation et au glissement effectués par un organisme notifié, aucune garantie réelle de protection ne peut être fournie. En cas d’accident, la responsabilité de l’employeur peut être engagée s’il n’a pas fourni des EPI conformes.
Choisir des chaussures uniquement sur l’esthétique
Le design des chaussures de sécurité basses a considérablement évolué. Certains modèles ressemblent désormais à des sneakers. C’est un atout pour l’adhésion des opérateurs, mais l’esthétique ne doit jamais primer sur les caractéristiques techniques. Une belle chaussure qui ne correspond pas aux risques du poste ne protège pas.
Les 7 erreurs fréquentes à éviter lors de l’achat
Pour éviter les pièges les plus courants lors de l’achat, notre guide spécialisé recense les situations problématiques les plus souvent rencontrées en entreprise et vous propose des solutions concrètes pour faire les bons choix.

Études et statistiques sur les accidents évités grâce aux chaussures de sécurité basses
Chiffres clés sur les accidents liés aux pieds dans le milieu professionnel
Les données disponibles dressent un constat sans appel sur l’importance de la protection des pieds :
- Selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), les chutes de plain-pied représentent environ 20 % des accidents du travail avec arrêt en France.
- Les blessures aux membres inférieurs (pieds inclus) figurent parmi les plus coûteuses en termes de durée d’arrêt de travail et d’indemnisation.
- Une étude européenne a montré que jusqu’à 24 % des accidents aux pieds survenant sur des lieux de travail auraient pu être évités ou atténués par le port d’EPI adaptés.
- Les secteurs les plus touchés sont la construction, la métallurgie, l’agroalimentaire et la logistique — tous des secteurs où les chaussures de sécurité basses sont particulièrement répandues.
Ces chiffres soulignent une réalité simple : investir dans des chaussures de sécurité basses bien choisies, c’est réduire concrètement la fréquence et la gravité des accidents.
Cas concrets : témoignages et retours d’expérience
📦 Cas 1 — Entrepôt logistique :
Un responsable sécurité d’un entrepôt de 200 personnes témoigne avoir réduit de 35 % les incidents liés aux glissades après le déploiement de chaussures certifiées SRC sur l’ensemble des équipes, en remplacement de chaussures antidérapantes non certifiées. Le sol en résine époxy de l’entrepôt, régulièrement humide en zone de chargement, était le principal facteur de risque identifié.
🔧 Cas 2 — Atelier de mécanique industrielle :
Après qu’un technicien a subi une perforation au pied causée par une vis tombée d’un établi, l’entreprise a revu ses EPI. Le passage de chaussures S1 à des chaussures S1P (avec semelle anti-perforation) a permis d’éviter deux incidents similaires en 18 mois, détectés grâce au registre de presque-accidents.
⚡ Cas 3 — Industrie électronique :
Dans une salle de production de composants sensibles, le passage à des chaussures certifiées ESD a simultanément protégé les opérateurs contre les risques de décharge et réduit les incidents de destruction de composants par électricité statique — un double bénéfice sécurité/qualité.
Comparaison entre chaussures basses et montantes dans la réduction des accidents
Les chaussures montantes sont souvent perçues comme plus sécurisantes. Cette perception mérite d’être nuancée :
- Sur terrain stable et sol plat, les chaussures basses offrent une protection équivalente contre les risques les plus fréquents (glissades, perforations, impacts) avec un meilleur confort et une fatigue musculaire réduite.
- La fatigue accumulée en fin de journée est un facteur de risque d’accident sous-évalué. Une chaussure plus légère et plus confortable peut indirectement réduire les accidents liés à la fatigue.
- Les modèles montants restent préférables sur les terrains accidentés, pour les travaux en hauteur ou dans des conditions de travail nécessitant un maintien de cheville renforcé.
Le choix entre basse et montante doit toujours résulter de l’analyse des risques, pas d’habitudes ou de préférences esthétiques.
Bonnes pratiques pour maximiser la sécurité avec des chaussures de sécurité basses
Entretien et maintenance régulière : prévenir les défaillances
Un EPI mal entretenu est un EPI qui ne protège plus. L’entretien des chaussures de sécurité basses est une composante essentielle de la politique de prévention.
Nettoyage des semelles pour conserver l’adhérence
Les semelles encrassées (boue, huile, débris) perdent une partie de leurs propriétés antidérapantes. Quelques règles simples s’imposent :
- Nettoyer les semelles après chaque utilisation sur terrain souillé
- Utiliser une brosse rigide pour éliminer les débris logés dans le profil de la semelle
- Vérifier l’absence de corps étrangers incrustés dans la gomme
- Ne jamais immerger la chaussure complète dans un solvant chimique qui altérerait les colles et les matériaux
Vérification de l’usure des matériaux
L’inspection régulière doit porter sur :
-
👞 L’empeigne
fissures, décollement de la tige, perforations visibles
-
👟 La semelle
usure du profil (une semelle lisse n’est plus antidérapante), décollements, craquelures
-
🔒 Le contrefort
déformation du maintien du talon
-
🛡️ L’embout
vérifier qu’il n’est pas enfoncé (impact important subi) ou corrodé
-
🎀 Le système de laçage
remplacement systématique des lacets usés ou cassés
Adapter ses chaussures aux saisons et aux environnements extrêmes
La chaussure de sécurité basse portée en été dans un entrepôt n’est pas nécessairement adaptée à une utilisation hivernale en extérieur. Quelques principes d’adaptation :
❄️ En hiver et en conditions froides :
- Privilégier des modèles certifiés CI (Cold Insulation) pour les travaux en chambre froide ou en extérieur prolongé
- Vérifier que la semelle reste souple à basse température (certains caoutchoucs durcissent et perdent leur adhérence)
- Prévoir une semelle intérieure thermique complémentaire si nécessaire
🔥 En environnements chauds ou avec risque de projection thermique :
- Opter pour des modèles certifiés HRO (résistance à la chaleur par contact jusqu’à 300°C pendant 60 secondes)
- Vérifier la résistance de l’ensemble de la chaussure, pas seulement de la semelle
💧 En environnements humides ou chimiques :
- Classification WR (résistance à l’eau) ou WRU (résistance à la pénétration de l’eau sur l’empeigne)
- Résistance aux huiles et hydrocarbures (certification FO) pour les environnements où ces produits sont présents
Formation des employés à l’utilisation des équipements de sécurité
Fournir des EPI adaptés est une obligation légale. S’assurer qu’ils sont correctement utilisés est une responsabilité managériale. La formation des équipes doit couvrir :
Le port correct des chaussures :
- Laçage systématique et correctement serré (un lacet desserré modifie le maintien et peut favoriser les entorses)
- Remplacement de la semelle intérieure à la fréquence recommandée par le fabricant
- Signalement immédiat de tout défaut ou dommage visible
La reconnaissance des signes d’usure :
Former les opérateurs à identifier eux-mêmes les signes indiquant qu’une chaussure doit être remplacée est une approche proactive efficace. Cela peut servir de support pédagogique direct pour vos formations internes.
Le stockage adapté :
- Éviter le stockage en plein soleil (dégradation des polymères)
- Ne pas laisser les chaussures en zone humide entre deux utilisations
- Ranger les chaussures en paire, à l’abri des sources de chaleur directe

Bonnes pratiques d’entretien pour prolonger la durée de vie
Pour structurer votre démarche d’entretien et maximiser l’investissement en EPI, nos guides détaillent les meilleures pratiques testées en entreprise. L’entretien régulier prolonge significativement la durée de vie des chaussures et garantit une protection constante.
Les points clés de cet article
- Un accident du travail sur cinq implique les membres inférieurs ; une chaussure de sécurité basse bien choisie réduit concrètement ce risque
- Les chaussures basses offrent un meilleur compromis confort/mobilité/protection que les montantes sur terrain stable
- La certification SRC (antidérapance combinée) et la semelle anti-perforation sont les caractéristiques essentielles de protection
- Le marquage CE et l’organisme notifié sont obligatoires ; sans eux, la chaussure ne peut pas être considérée comme un EPI
- L’évaluation des risques spécifiques à votre environnement de travail est le point de départ du choix de chaussures adaptées
- L’entretien régulier et le remplacement avant l’usure critique sont essentiels pour maintenir la protection réelle en conditions de travail
Questions fréquentes
Investissez dans la sécurité de vos équipes
Choisir les bonnes chaussures de sécurité basses, c’est réduire les risques d’accidents, diminuer les arrêts de travail et protéger vos collaborateurs. ACHATMAT vous propose une large sélection de modèles certifiés adaptés à tous les secteurs et environnements de travail.